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Chine – Guinée : La bauxite et le fer portent les échanges commerciaux entre la Chine et la Guinée

Guinée bauxite fer Chine
Un cargo décharge du minerai de fer importé au terminal minéralier du port de Qingdao, dans la province du Shandong, en Chine, le 28 septembre 2025. (Photo par Costfoto/NurPhoto) (Photo par CFOTO / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Dans ses relations commerciales avec la Chine, la bauxite et le fer sont à la Guinée ce que le cuivre et le cobalt sont à la République démocratique du Congo. Elles constituent le principal moteur des relations commerciales sino-guinéennes. De janvier à juillet 2026, les échanges commerciaux s’élèvent à 12,1 milliards de dollars américains, dont 4 milliards d’exportations chinoises vers la Guinée, contre 8,1 milliards d’importations guinéennes.

Les données détaillées des importations/exportations des douanes chinoises révèlent une économie commerciale principalement extractive. Le top 10 des exportations guinéennes vers la Chine est très largement dominé par la bauxite, dont la Guinée est devenue le premier fournisseur pour la Chine. Viennent ensuite les minerais de fer, dont le projet Simandou est entré en production en début d’année.

  1. Minerai d’aluminium (bauxite) — 7,38 milliards de dollars
  2. Minerai de fer (non aggloméré) — 512,4 millions de dollars
  3. Minerai de fer (non aggloméré, deuxième sous-rubrique) — 122,1 millions de dollars
  4. Minerai de fer (non aggloméré, troisième sous-rubrique) — 70,8 millions de dollars
  5. Produits raffinés à base de cuivre, bruts, n.c.a. — 13,8 millions de dollars
  6. Alliages cuivre-zinc (laiton), bruts — 1,08 million de dollars
  7. Granit (découpé grossièrement en blocs/dalles) — 552 623 dollars
  8. Anodes de cuivre (pour l’affinage électrolytique) — 323 925 $
  9. Aluminium, non travaillé, allié — 76 164 $
  10. Minerais et concentrés de nickel — 22 533 $

Bien plus que la RDC, la Guinée est quasiment un pays à produit unique. La bauxite — minerai d’aluminium — représente pratiquement l’intégralité des échanges avec la Chine. À elle seule, elle représente environ 7,38 milliards de dollars, soit plus de 90 % du top 10; et si l’on ajoute les trois postes relatifs au minerai de fer (environ 705 millions de dollars au total), la bauxite et le minerai de fer représentent ensemble pratiquement 100 % des importations chinoises en provenance de Guinée. Tout le reste n’est qu’une erreur d’arrondi se situant entre quelques centaines de milliers et quelques millions, ce qui est négligeable.

L’autre différence avec la RDC se situe au niveau du profil des minerais exportés. Là où pour la RDC le cuivre est exporté déjà transformé et raffiné en cathode de cuivre (99,99 % de métal pur), la Guinée, elle, exporte encore sa bauxite à l’état brut, et ce malgré la volonté des autorités de voir la transformation se faire sur place.

Comparaison RDC et Guinée

GuinéeRDC
Minerai dominantBauxite — 91 %Cuivre — ~90 %
Importations totales (janv.–juill. 2026)~8,1 Mds$14,94 Mds$
Deuxième produitMinerai de fer (~8,7 %)Cobalt (3,9 %), puis étain, zinc
Niveau de transformationMinerai brut, non transforméMétal en grande partie raffiné
ConcentrationPlus forte — un seul mineraiÉlevée, mais répartie entre plusieurs formes de cuivre + cobalt, étain, zinc

C’est ce qui explique en partie la décision du gouvernement de mettre en place une politique des quotas sur les exportations de bauxite. Les volumes d’exportation dépendent du respect, ou non, des engagements pris par les sociétés minières en matière de construction d’usines de traitement de l’alumine sur le territoire national. En mai 2026, le Chinois Chalco avait annoncé sa volonté d’investir 1 milliard de dollars dans la construction d’une usine de raffinage d’aluminium.

La Guinée souhaite atteindre une capacité de raffinage de l’aluminium sur son territoire d’environ 6 millions de tonnes d’ici 2030, plutôt que de se contenter d’exporter de la terre brute. 

Annoncée pour avril 2026, la mesure relative aux quotas n’est toujours pas entrée en vigueur en août 2026. Le décret censé l’acter se fait toujours attendre. En attendant, les exportations guinéennes de cobalt en direction de la Chine sont toujours en pleine croissance.

Graphe des exportations guinéennes de bauxite vers la Chine de janvier à juillet 2026. Source des données: Douanes chinoises. (CGSP)

En ce qui concerne le fer, deuxième plus grande source d’exportations guinéennes, la tendance a été à la hausse tout au long de l’année. L’entrée en production de la mine de Simandou, qui a déjà effectué plusieurs livraisons à destination de la Chine, dont la plus importante, de 2 millions de tonnes, en mai 2026, explique cette tendance. Les exportations de fer ont quasiment été multipliées par 9 entre janvier et juillet 2026. Il faudrait s’attendre à ce que ces chiffres continuent de grimper tout au long de l’année 2026.

Graphe des exportations guinéennes de minerai de fer à destination de la Chine de janvier à juillet 2026. Source des données: Douanes chinoises.

En Guinée, la levée des mesures tarifaires n’est certainement pas la priorité des deux parties. Avec ses exportations de minerais, la Guinée, tout comme la RDC, bénéficie d’un excédent commercial vis-à-vis de la Chine. Pour Conakry, la priorité aujourd’hui, c’est davantage de valeur ajoutée et donc de transformation locale. En attendant la signature du décret sur les quotas, il faudra s’attendre à un accroissement des exportations de bauxite par les entreprises, notamment les entreprises chinoises opérant dans le secteur en Guinée.

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