Aux Seychelles, la perception des grandes puissances bascule. Selon la dernière enquête d’Afrobarometer menée en mai 2025 auprès de 1 200 adultes, la Chine s’impose désormais comme un acteur dont l’influence est largement saluée. Plus de la moitié des Seychellois (53 %) jugent son influence économique et politique « plutôt » ou « très positive ». Le chiffre, en soi, n’est pas spectaculaire. Mais sa trajectoire l’est : entre 2022 et 2025, les opinions favorables à Pékin ont bondi de vingt points de pourcentage.
Ce glissement traduit une présence chinoise de plus en plus visible. Au fil des années, la Chine a fait des dons aux Seychelles en termes d’infrastructures, politiques et sociales. En mars 2026, le vice-président chinois Han Zheng était en visite sur l’île et a annoncé un don de 14,3 millions de dollars US pour des infrastructures sociales.
En trois ans, la perception du poids de la Chine sur l’économie de l’île est passée de 41 % à 48 %. Autrement dit, plus les Seychellois constatent l’empreinte chinoise, plus ils l’approuvent. Ces résultats aux Seychelles s’inscrivent dans une tendance plus globale observée ailleurs sur le continent, où l’image de Pékin progresse.
Face à cette dynamique, les États-Unis font pâle figure. Washington recueille seulement 35 % d’avis positifs, le score le plus bas parmi les puissances et organisations testées, la Russie exceptée. Les opinions négatives restent rares, mais la neutralité est majoritaire; une large proportion de répondants préfère ne pas se prononcer. Pour la première puissance mondiale, ce désintérêt relatif en dit long sur l’érosion de son capital d’influence dans l’archipel.
L’Inde, en revanche, tire son épingle du jeu. Avec 55 % d’opinions favorables, New Delhi devance même la Chine et se hisse en tête du classement. Ce résultat confirme l’ancrage indien dans l’océan Indien occidental, où liens historiques, diaspora et coopération sécuritaire nourrissent une proximité durable avec Victoria.
Plus de détails, lire le rapport d’Afrobarometer



