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Xi et Hichilema échangent sur fond d’inquiétudes du « statut de débutant » de la Chine dans le processus de restructuration de la dette Zambienne

Le président zambien Hakainde Hichilema s'est entretenu par téléphone avec son homologue chinois Xi Jinping. Image via la page Facebook du président Hichilema.

Le président zambien Hakainde Hichilema a soulevé la question sensible de la crise de la dette de son pays, en pleine expansion, lors d’un appel téléphonique mardi avec le président chinois Xi Jinping.

Selon un communiqué publié sur sa page Facebook officielle, le président Hichilema a déclaré qu’il avait discuté de l’importance pour les deux pays d’améliorer leurs relations en général et a spécifiquement mentionné comment « résoudre la question de la dette ».

Cependant, le resumé de l’appel par Xinhua ne mentionne pas la référence à la dette du président Hichilema.

Mais l’appel et la référence du président Hichilema à la question de la dette ont eu lieu le jour même où l‘agence de presse Reuters a publié un rapport accablant affirmant que « le manque d’expérience de la Chine en matière de restructuration de dettes délicates et la lenteur de la coordination entre ses prêteurs publics freinent l’allègement de la dette de la Zambie ».

Plus tôt, l’optimisme était largement partagé quant au fait que le processus de restructuration de la dette de la Zambie, longtemps bloqué, allait enfin démarrer après que le FMI ait accepté une facilité de crédit étendue en décembre et que la Chine ait été choisie en avril pour coprésider un nouveau comité de créanciers avec la France.

Mais l’élan d’avril dernier a disparu. Le comité des créanciers ne s’est pas encore réuni, ce qui, selon les correspondants de Reuters Rachel Savage et Leigh Thomas, est dû au « statut de nouvelle recrue de la Chine en matière d’allègement de la dette ».

Rachel Savage et Leigh Thomas citent trois sources distinctes, vraisemblablement toutes américaines et européennes, qui ont toutes accusé la Chine d’être responsable de la lenteur du processus. « Il y a une courbe d’apprentissage pour la Chine et c’est quelque chose que nous devons reconnaître », a déclaré un fonctionnaire français, qui a refusé d’être nommé en raison du caractère sensible de la question.

Pourquoi la Chine retarde le processus de restructuration de la dette zambienne :

  • DE NOMBREUX CRÉANCIERS : Contrairement à d’autres pays africains où les deux banques stratégiques de la Chine sont les principaux créanciers, ce n’est pas le cas en Zambie. Au contraire, selon les recherches de l’Initiative de recherche Chine-Afrique, il existe une coalition d’au moins 18 créanciers comprenant des entreprises d’État, des banques commerciales, des banques politiques et des entreprises privées. Il est probablement très difficile de les amener à s’aligner tous.
  • FACHEUX PRÉCÉDENTS : Les négociateurs chinois en Zambie sont pleinement conscients que tout ce qui se passe là-bas sera surveillé de près dans d’autres pays ayant d’importants portefeuilles de prêts chinois. Les Chinois s’inquiètent depuis longtemps de créer des précédents dans un pays qui pourraient être appelés à s’appliquer à d’autres États.

Reuters cite une source qui prétend que la Chine a été réticente à prendre part au processus de révision de la dette du G20, ce qui est une critique de longue date des États-Unis, mais qui n’est pas tout à fait exact. La Chine a, en fait, rééchelonné plus de dettes (2,5 milliards de dollars) dans le cadre du DSSI que toute autre partie prenante, y compris le Club de Paris (2,1 milliards de dollars).

Le point de discorde, cependant, est qu’elle n’a pas travaillé en coordination avec les autres membres du G20 et a plutôt négocié les accords de restructuration de la DSSI de manière bilatérale.

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