Dans une récente étude publiée par AidData qui examine les financements chinois – prêts et dons – entre 2000 et 2021, dans les minerais critiques dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, la République démocratique du Congo, se classe derrière le Chili, comme la deuxième destination des financements chinois dans le monde.
Cette position s’explique par ses réserves de cobalt – première plus grande réserve de cobalt au monde -, ses richesses en cuivre et la forte présence des entreprises chinoises dans ce secteur dans le pays. Sur les 57,6 milliards de dollars dépensés, les projets miniers en RDC ont reçu 13,2 milliards de dollars.
« Les bailleurs de fonds publics chinois ont approuvé 19 prêts d’une valeur d’environ 12,85 milliards de dollars pour des mines de cobalt-cuivre en RDC entre 2000 et 2021. »
Ces soutiens financier des institutions financières chinoises – China Eximbank, China Development Bank, Industrial Bank of China, Bank of China – ont permis aux entreprises chinoises de créer des joints-ventures et de signer des contrats d’amodiation avec l’entreprise publique congolaise, la Gecamines, principale interlocuteur dans le secteur du cuivre et cobalt en RDC.
Ils ont aussi permis à des entreprises comme Zijin Mining d’acquerir des parts dans la joint-venture Kamoa Kakula qu’elle a formée avec le canadien Ivanhoes Mining dont elle a aussi acquis des parts. Le projet Kamoa Kakula qui est classé comme la 6e plus grande mine de cuivre au monde en 2024.
L’étude de AidData qui se focalise sur cinq minerais critiques – cuivre, cobalt, nickel, Terre Rares et lithium – nous enseigne que la domination chinoise dans la chaine des provisionnements des minerais critiques n’est pas le fruit du hasard mais celui d’une stratégie voulue pensée et intentionnelle de Pékin.

Autres observations:
Plus d’extraction moins de transformation: Les données de l’étude montre que le gros des financements est allé vers des activités extractives, donc en amont de la chaine de valeur de ces minerais. À l’exception du nickel – à cause de l’Indonésie – et d’une faible portion dans le cuivre, les fonds chinois ne sont pas allés dans les activités intermédiaires et en aval de la chaine, susceptible de créer de la valeur ajoutée.
Une situation qui est appelée à changer avec la demande croissante des pays producteurs pour une transformation locale, et l’engagement de Pékin à les respecter.
Présence chinoise: La plupart des financements est allée à des projets dans lesquels les entreprises chinoises avaient des parts majoritiaires, significatives ou simplement des intérêts. L’essentiel du financement a été consacré à des projets dans lesquels les entreprises chinoises détenaient une participation majoritaire. Une part importante du financement a servi à aider les entreprises chinoises à acquérir de nouveaux actifs
POURQUOI C’EST IMPORTANT: Cette étude confirme l’existence d’une stratégie chinoise derrière la domination qu’elle exerce sur la chaine d’approvisionnement des minerais critiques.
Dans un contexte de compétition géopolitique, les pays occidentaux devront créer des conditions similaires, et un peu plus, pour leurs entreprises s’ils veulent rattraper leur retard face à la Chine. Et compte tenu de la demande pour une transformation locale, leurs montages financiers devront inclure un financement jusqu’aux activités du niveau intermédiaire au moins, s’ils veulent être pris en considération par les pays producteurs.
LECTURE RECOMMANDÉE:
- AidData: POLICY REPORT Power Playbook: Beijing’s Bid to Secure Overseas Transition Minerals (En anglais)





