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Que peut-on attendre du Global Development Initiative de la Chine?

La réunion de l'Initiative pour le développement mondiale organisée par la Chine témoigne de son influence croissante au sein de l'ONU
Images de la réunion du Groupe des amis de l'Initiative mondiale pour le développement, organisée mercredi à New York par la Chine et l'ONU. Photos via divers fils Twitter de gouvernements.

En marge de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Wang Yi, le ministre chinois des affaires étrangères avait réuni les ministres des affaires étrangères et représentants d’une soixantaine de pays, le Secrétaire Générale des Nations Unies, Antonio Gutteres ainsi que plusieurs agences onusiennes autour de la nouvelle initiative chinoise pour le développement, le Global Development Initiative.

Annoncée en fanfare septembre dernier par le président chinois, Xi Jinping, lors de la 76e session de l’AGNU, nous n’en savons que très peu jusque là. Quel sera son champ d’action, son approche et son mode de financement, difficile à dire pour le moment.

J’ai interrogé Cobus van Staden, rédacteur au China Global South Project, qui suit de près le sujet, afin qu’il nous donne sa lecture de cette nouvelle initiative chinoise et qu’est-ce que nous pouvons en attendre.

C.GERAUD NEEMA: Qu’est-ce que l’Initiative mondiale pour le développement, et quelles sont ses principales caractéristiques ? 

COBUS VAN STADEN : L’Initiative pour le Développement mondial a été annoncée en fanfare, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas vu beaucoup de caractéristiques spécifiques énumérées. Par exemple, bien qu’il existe une liste des cinquante premiers projets du GDI, nous n’avons pas encore vu les budgets globaux de l’initiative. Dans les grandes lignes, l’initiative vise à soutenir la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations unies (alias les objectifs de développement durable), tout en élargissant la portée de la BRI au-delà de son objectif initial de connectivité physique. Elle vise à faire progresser le développement à travers quelques piliers clés : la sécurité alimentaire et l’agriculture, l’énergie verte, la numérisation des douanes et de la logistique frontalière dans le cadre d’une connectivité plus large, l’éducation numérique, une initiative visant à produire des substituts durables du plastique à partir du bambou, et la coopération en matière de recherche par satellite. Dans l’ensemble, l’initiative me semble faire progresser l’influence de la Chine dans le Sud, tout en plaçant les expériences, les pratiques et les normes chinoises au cœur du projet de développement mondial lui-même.  

GERAUD: En quoi est-elle différente du « Belt and Road Initiative » ? Sera-t-elle une composante de la BRI ou l’inverse ?

COBUS : J’ai tendance à la voir comme une extension et une expansion de la BRI, avec quelques différences. Tout d’abord, il est important de se rappeler que la BRI elle-même a connu de nombreuses évolutions, de l’accent mis au départ sur les infrastructures physiques à la connectivité numérique, à la coopération spatiale, etc. Pour moi, l’un des principaux changements réside dans l’étroite coopération du GDI avec les Nations unies, au lieu de l’orientation centrée sur l’État de la BRI. En ce sens, elle va au-delà du format d’État à État du protocole d’accord de la BRI, tout en plaçant les idées de développement influencées par la Chine au cœur des activités de l’ONU. Il pourrait également s’agir d’un éloignement de l’approche de la BRI, qui repose sur des prêts, bien que nous ne sachions pas encore comment tout cela sera financé. Une deuxième différence importante est le fait que l’IDG a été lancée en tandem avec l’Initiative de sécurité globale (Global Security Initiative). Ensemble, les deux semblent indiquer une conception chinoise du lien entre développement et sécurité (la mise en avant de la croissance économique comme vecteur de paix et de sécurité, plutôt que de considérer la paix/démocratie comme une condition préalable au développement) et un reflet de l’accent mis actuellement par le PCC sur le développement et la sécurité comme des priorités égales. Cet accent explicite sur la manière dont les pays devraient coordonner leur sécurité et sur la manière dont elle s’intègre au développement semble être une extension de l’accent plus étroit de la BRI sur le développement par la connectivité.

GERAUD: Qu’est-ce que cela peut signifier pour l’engagement de la Chine en Afrique ?

COBUS : On peut dire que l’Afrique a été un terrain d’essai pour les stratégies qui ont finalement donné naissance à la BRI, et le GDI est une continuation de ce processus. Je pense donc qu’elle marque une nouvelle phase de l’engagement de la Chine dans les programmes de développement africains. Je m’attends à ce qu’elle soit probablement intégrée aux engagements préexistants du FOCAC, comme l’a été la BRI. Je pense qu’il pourrait également déclencher une coopération plus étroite entre l’Afrique et la Chine dans des instances telles que l’ONU. Dans l’ensemble, je pense qu’il pourrait amener la Chine et le continent à travailler ensemble dans des domaines clés où l’Afrique a un fort potentiel, notamment l’énergie verte, l’agriculture et la numérisation. Cela soulève également la possibilité que la Chine exerce une plus grande influence dans ces sphères, même si les puissances occidentales tentent d’utiliser des initiatives comme la PGII pour diminuer l’influence de la Chine dans le développement de l’Afrique en se déplaçant sur son rôle de fournisseur d’infrastructures physiques. Dans l’ensemble, je pense que l’accent mis par le GDI sur le développement va probablement accroître l’engagement Afrique-Chine.

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