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Les minerais stratégiques sont un instrument de puissance géopolitique

R.D. Congo: Implications de la vente de Chemaf sur le marché du cobalt
Image d'illustration: Une installation de production de cobalt dans la ville de Lumbubashi, au sud de la RD Congo. SAMIR TOUNSI / AFP

Il y a quelques jours, le magazine américain Foreign Policy a publié un article très intéressant de Cullen Hendrix, chargé de recherche au Peterson Institute for International Economics, sur comment éviter à ce que les États-Unis et la Chine ne se retrouvent dans un scénario de guerre froide autour des minerais stratégiques pour la transition énergétique. Il a posé un diagnostic solide, identifié des facteurs de coopération et proposé des solutions pratiques pour éviter cette situation. Et je vous invite vivement à lire son analyse.

Cependant, ma critique globale porte sur sa perspective d’analyse sur la question. Son analyse est faite, comme il fallait s’y attendre, du point de vue de ces pays puissants. L’analyse répond implicitement à un besoin de ces puissances et de la stabilité du marché et de l’industrie mondial. Dans l’analyse, Les ressources minérales critiques ne sont pas considérées comme des atouts permettant aux pays producteurs du Sud de devenir aussi des pays puissants.

Lorsque l’on évoque la crainte d’une guerre froide entre la Chine et les États-Unis sur ce sujet, on part toujours de la supposition que les pays producteurs ne sont pas de véritables acteurs, qu’ils ne font pas partie du débat et qu’ils ne sont qu’en réalité de simples pions sur l’échiquier des superpuissances. Ils (en occident) ne pensent ni ne supposent que ces pays du sud peuvent avoir l’ambition de devenir puissants en développant les opportunités économiques et géopolitiques que leur offrent leurs ressources. Les solutions sont conçues de manière que les pays producteurs puissent accommoder ces superpuissances. Du reste ces solutions ne répondent pas à la question jamais posée, des ambitions géopolitiques de ces pays producteurs. 

L’un des facteurs identifiés par Cullen comme favorisant un contexte de non-guerre froide est le fait que, contrairement aux hydrocarbures, la production de minerais stratégiques (lithium, cobalt, manganèse, nickel, etc.) n’est pas contrôlée par des entités étatiques qui peuvent agir comme des outils politiques pour servir les intérêts nationaux des pays producteurs. Avec l’expérience de l’OPEP, les entités publiques contrôlant les ressources naturelles sont mal vues. Leur existence est perçue comme du « resource nationalism ».

Récemment, l’Indonésie a exprimé l’idée de créer une organisation similaire à l’OPEP pour les producteurs de nickel. Et l’un des obstacles à la réalisation de ce projet est le fait que, contrairement au pétrole, la production de nickel était contrôlée par des entreprises privées. 

Personnellement, je ne blâme pas Cullen, ni comme plusieurs comme lui dans ces pays pensent la question sous leurs perspectives. Je place la responsabilité sur les pays producteurs à qui Il incombe la responsabilité de façonner le débat et de fixer l’agenda. 

La transition énergétique offre une opportunité unique pour nombre d’entre eux. Ils doivent réfléchir de manière géostratégique. 

S’il y a une chose que la guerre en Ukraine m’a apprise, c’est que vos ressources ont une grande importance et déterminent la façon dont les pays interagissent avec vous. Le Venezuela est un excellent exemple.

En tant que pays producteurs du Sud, nous devons cesser de nous demander « comment éviter une guerre froide entre la Chine et l’Occident » et nous demander « comment devenir puissants grâce à nos minéraux essentiels ». Les minerais stratégiques sont un instrument de puissance géopolitique !!!

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