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Les contradictions chinoises à la COP 28

L'envoyé spécial de la Chine pour le climat, Xie Zhenhua, a pris la parole lors de la conférence des Nations unies sur le climat COP28 à Dubaï, le 2 novembre 2023. Image via CGTN.

Suivre de près le rôle de la Chine lors de la conférence sur le climat COP28 a été un véritable exercice contradictoire.

D’un côté, la Chine est un désastre ! Une étude publiée la semaine dernière montre que les émissions chinoises et indiennes ont provoqué une augmentation de 1,1 % des émissions dangereuses de gaz à effet de serre par rapport à l’année dernière. Si l’on excluait la Chine et l’Inde, les émissions mondiales auraient en fait diminué. Étant donné que l’objectif de la COP28 est de réduire les émissions de 43 % d’ici à 2030, ce n’est pas bon signe.

D’un autre côté, la Chine est la meilleure ! L’investissement rapide dans son industrie solaire domestique (dix fois supérieur à celui de l’Europe) a fait baisser les prix et fait du solaire l’une des solutions énergétiques les plus abordables au monde. Quelles que soient les manœuvres de l’industrie pétrolière, il est désormais clair que l’avenir est au solaire, et que cet avenir a été rendu possible dans une large mesure par la Chine.

D’autre part, la Chine serait en train de s’allier aux pétromonarchies du Moyen-Orient pour demander la suppression du paragraphe 35 de la déclaration de la COP28 : celui qui appelle à l’élimination progressive des combustibles fossiles et à l’augmentation rapide des énergies renouvelables.

D’un autre côté, les émissions domestiques de la Chine semblent se stabiliser et elle s’est engagée dans son premier accord de contrôle du méthane, même si les objectifs restent flous.

Si la Chine est un peu partout sur le tableau des bons et mauvais résultats, sa position dans les différends Nord/Sud n’est que plus claire. Pékin a rejoint le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, membres du groupe BASIC, pour contester le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) proposé par l’UE.

Cette mesure vise à faire payer aux importateurs le déficit entre les prix du carbone absorbés par les entreprises de l’UE et ceux des pays producteurs. Les prix fluctuent, mais ceux de l’UE ont atteint 100 dollars la tonne, tandis que ceux de la Chine tournent autour de 10 dollars.

L’UE considère cette mesure comme une étape nécessaire pour faire de la tarification du carbone un véritable outil de réduction des émissions à l’échelle mondiale. Les opposants (au premier rang desquels le Brésil) la qualifient de protectionnisme déguisé en écologisme.

Il est intéressant de noter que la communication de la Chine à la COP28 a regroupé les plaintes concernant les « barrières vertes [et] les législations discriminatoires » avec les  » sérieuses inquiétudes concernant les mesures imposées par certains pays, y compris, entre autres, les sanctions sur les produits à faible teneur en carbone [et] les restrictions sur les investissements technologiques « , ce qui fait probablement référence à la fois aux mesures prises par l’UE pour imposer des droits de douane sur les véhicules électriques chinois et aux restrictions plus larges imposées par l’administration Biden sur les investissements technologiques en Chine.

Cette combinaison montre l’interaction complexe entre la Chine qui tente de protéger son secteur vert national contre les concurrents du Nord tout en essayant d’affaiblir l’établissement de normes environnementales par le Nord en collaboration avec le Sud.

Si ces pays du Sud ont des griefs légitimes à l’égard de la mesure de l’UE, ils sont également tous d’importants pollueurs peu enclins à s’attaquer aux industries locales. 74 % des émissions du Brésil proviennent de l’agriculture, qui est l’un des principaux moteurs des exportations vers l’UE et la Chine. Cette réalité révèle des contradictions dans le positionnement de la Chine en tant qu’acteur du Sud dans ce débat.

La position exacte de la Chine dans le conflit Nord/Sud sera révélée lorsque le processus de la COP28 se concentrera pleinement sur le fonctionnement du fonds pour les pertes et dommages convenu l’année dernière à Glasgow.

Faudra s’attendre à de âpres discussions autour des formulations et terminologies.

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