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Pourquoi les relations entre l’Afrique et la Chine posent un risque climatique pour l’Europe

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La centrale électrique au charbon de Hwange, au Zimbabwe, dont l'extension construite par la Chine a été inaugurée en août. Image : Zingyange Auntony / AFP

Penser à l’Afrique dans le contexte de la crise climatique entraîne une certaine dissonance cognitive. D’une part, l’énorme potentiel du continent en matière d’énergies renouvelables, ses stocks de minerais essentiels et ses réserves de pétrole, de gaz et de charbon en font un énorme « ka-ching » à l’échelle du continent.

D’autre part, l’importante jeune population de l’Afrique, la faiblesse de ses économies et son extrême vulnérabilité au stress climatique font que de nombreux décideurs européens la considèrent comme une bombe à retardement avec ses vagues successives d’instabilité et de migrations.

Ces contradictions sont de plus en plus à l’origine d’une série d’accords entre l’Europe (en collaboration avec le G7, collectivement en tant que bloc de l’UE, et en tant que pays individuels) et les États africains, centrés sur le chevauchement instable entre l’énergie et le climat.

La difficulté pour l’Europe est qu’elle est confrontée à une différente afrique, où la Chine offre un large éventail de technologies et d’options de financement pour des énergies polluantes et propres, et où les entreprises chinoises sont déjà profondément ancrées dans le secteur crucial des minerais que le G7 suit avec beaucoup d’attention.

L’année dernière, j’ai eu l’occasion d’explorer ces complexités lors d’un séjour au SWP, un institut de recherche à Berlin. Un article basé sur cette recherche vient d’être publié.

En voici quelques extraits :

Établissement de normes : Ce projet s’est intéressé aux partenariats pour une transition énergétique juste (JETP) pilotés par l’Europe entre le G7 et des pays africains majeurs. Les JETP sont des initiatives transversales visant à rendre des économies entières moins génératrices de carbone. Ils impliquent de vastes mesures, notamment le renforcement des capacités et des réformes politiques, afin de rendre ces projets plus attrayants pour les entreprises européennes.

Ces mesures vont de pair avec les tentatives européennes consistant à utiliser le poids économique de l’UE pour imposer des normes mondiales par le biais de mécanismes tels que le Mécanisme d’ajustement frontalier pour le carbone (MACC), qui impose des droits de douane sur les importations de produits à base de carbone.

Cette tentative de placer les normes européennes au cœur de son interaction sur le climat contraste avec les normes Chinoises : le fait que la Chine ait dépassé l’Allemagne en tant que principal fabricant de composants solaires au milieu des années 2010 et qu’elle produise aujourd’hui environ 80 % de l’offre mondiale; cela implique que, quel que soit l’accord conclu avec le G7, il sera pratiquement impossible d’éliminer la Chine du profil énergétique du continent.

Demande en énergie : Il existe une contradiction entre la volonté de l’Europe et du G7 de décarboniser les économies de l’Afrique du Sud et du Sénégal et le fait que ces pays sont moins préoccupés par les émissions que par l’explosion de la demande d’énergie. La volonté de l’UE de mettre hors service (par exemple) les centrales à charbon d’Afrique du Sud en les remplaçant par des énergies renouvelables est en contradiction avec la volonté nationale d’augmenter la production d’énergie.

La Chine est un partenaire intéressant et un trouble-fête. Alors que sa capacité en énergies renouvelables aidera à atteindre l’objectif de décarbonisation, l’approche de la Chine orientée vers la demande de ces pays signifie qu’elle est moins encline à s’opposer aux lobbies des hydrocarbures au sein de ces gouvernements.

Dette : l’une des grandes questions qui se posent au sujet du processus JETP est celle de son financement. Seuls 4 % environ des 8,5 milliards de dollars offerts par le JETP à l’Afrique du Sud prendront la forme de subventions. Les 96 % restants prendront la forme de différents types de prêts.

L’engagement de la Chine dépend également de la dette, mais la combinaison de l’approche chinoise qui répond à la demande, de la taille des projets « small is beautiful » et de la rhétorique de la coopération Sud-Sud éloigne subtilement ces idées selon lesquelles le JETP représente un transfert massif de richesses du Sud vers le Nord pour régler un problème causé par le Nord.

Les acteurs européens se plaignent que cette distinction est en grande partie politique. Mais en cette période de tensions accrues entre le Sud et le Nord, marquée par une tendance à la multipolarité, la politique compte.

Lire l’article complet en anglais sur le site MegaTrends Afrika

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