Arrivée en janvier de cette année, la nouvelle ambassadrice de Chine au Kenya, Guo Haiyan, se montre particulièrement active sur les réseaux sociaux, notamment sur X (anciennement Twitter). Elle n’y partage pas seulement l’actualité de ses activités diplomatiques, mais prend aussi le temps d’interagir avec les internautes kényans qui lui posent des questions.
Le 22 octobre dernier, elle a lancé une discussion en ligne intitulée « Ask the Ambassador », invitant les utilisateurs à l’interroger sur les relations sino-kényanes et sur le nouveau statut diplomatique entre les deux pays, désormais qualifié de « partenariat d’une communauté de destin pour une nouvelle ère ». Le segment va aller jusqu’au 25 novembre.
Bien qu’elle ne réponde pas à toutes les questions, certaines de ses réponses permettent néanmoins de mieux comprendre la position de Pékin sur plusieurs sujets.
Il faut souligner que ses réponses, du moins celles préparées par son équipe, n’ont rien d’automatique; elles sont soigneusement réfléchies et calibrées avant publication, en fonction des questions auxquelles elle choisit de répondre. Il s’agit ici d’éviter tout faux pas.
Interrogée sur la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis et ses répercussions sur le Kenya, Guo Haiyan n’a pas hésité à dénoncer ce qu’elle a qualifié de posture hégémonique de Washington et les pressions exercées sur d’autres pays par les mesures tarifaires américaines. Elle a réaffirmé que la Chine demeure un ami et un partenaire du Kenya, prête à élargir et diversifier sa coopération dans de nouveaux secteurs.
Cette diversification, l’ambassadrice l’a illustrée en expliquant que la coopération sino-kényane évolue désormais « de la construction d’infrastructures physiques, comme les routes et les ponts, vers celle de la connectivité et du savoir », marquant une nouvelle étape de modernisation et de développement durable pour les deux pays. Dans plusieurs de ses réponses, elle a rappelé la présence et l’engagement de la Chine et des entreprises chinoises dans le secteur des nouvelles technologies au Kenya.
Dans ce cadre, elle a évoqué des projets concrets dans les énergies renouvelables et les nouvelles technologies, notamment la volonté d’entreprises chinoises de construire des usines de fabrication de véhicules à énergie renouvelable au Kenya.
Comme il faut s’y attendre lorsqu’il s’agit de la prise de parole des diplomates chinois, il n’y a pas de véritables scoops ou de révélations jusque-là. Le ton est très diplomatique ; les mots et le ton sont bien choisis. Bien qu’il s’agisse d’abord et avant tout d’un exercice de relations publiques visant à faire connaître la position de Pékin sur certaines de ces questions, cet exercice est aussi révélateur de cette volonté de montrer une image d’ouverture et d’accessibilité à une opinion publique kenyane, jeune et très présente, critique sur les réseaux sociaux. C’est un exercice qui permet à l’ambassade façonner le narratif de la Chine au Kenya.
En dehors des réseaux sociaux, Guo Haiyan est aussi présente sur les médias kenyans. En juillet dernier elle était invitée en direct sur la radio capital FM


