Comprendre la présence chinoise dans le secteur portuaire en Afrique est l’objet d’un nouveau rapport publié par le think-tank du Pentagone, Africa Center for Strategic Studies, qui a cartographié la présence et l’implication chinoise dans les ports en Afrique.
Le rapport met en lumière une forte présence chinoise sur le continent qui couvre les quatre coins de l’Afrique. Au total, la Chine est présente directement ou indirectement dans 78 projets portuaires dans 32 pays sur le continent. L’Afrique de l’ouest remporte la palme d’or avec une présence dans 35 ports. Etonnement, en Afrique de l’est, sur la côte indienne, elle est présente dans 17 ports.
Le rapport révèle combien la présence chinoise dans les ports en Afrique est le résultat d’une stratégie gouvernementale chinoise voulue et poussée par Pékin dans le cadre du « Go out policy » qui a encouragé et supporté les entreprises maritimes chinoises à investir massivement dans les projets portuaires sur le continent. L’objectif étant de faciliter et de renforcer la connectivité commerciale entre la Chine et l’Afrique. Une connectivité commerciale qui a notamment facilité l’expansion des relations commerciales entre la Chine et l’Afrique.
Ces projets ont permis la connection commerciale entre la Chine et l’Afrique qui a fini par devenir une des zones importantes de la « Nouvelle route de la soie », la Belt and Road Initiative. À ces ports ont été associés d’autres projets logistiques qui ont permis de désenclaver 16 pays sans accès à la mer et les connecter à la Chine.
Le rapport note : « La stratégie de développement portuaire de la Chine a également permis de relier les 16 pays enclavés d’Afrique grâce à des infrastructures de transport terrestre construites par la Chine, facilitant ainsi l’acheminement des marchandises et des ressources vers le marché et vice-versa. C’est ce qu’on appelle les projets de connexion « One Belt One Road » (une ceinture et une route).«

En terme de présence, elle se décline sous plusieurs formes qui vont de contractant, à financiers en passant par sous-contractants, investisseurs ou concessionnaire; les deux dernières catégories étant une tendance à la hausse parmi les entreprises chinoises sur le continent. Au fil des années ces entreprises ont commencé à prendre des parts dans l’actionnariat des ports alors que de plus en plus de pays africains privatisent la gestion de leurs ports. Une privatisation qui a ouvert la porte à des entreprises chinoises qui aujourd’hui sont concessionnaires dans 10 ports en Afrique.
Cette forte présence chinoise sur les ports africains soulèvent aussi la question de souveraineté – les concessionnaires des ports ayant un énorme pouvoir de contrôle et de gestion du port – et de la crainte de leur militarisation par la Chine. Depuis bientôt quatre ans, le Pentagone est convaincu de l’ambition de la Chine d’installer une deuxième base militiaire en Afrique, sur la côte atlantique. Une crainte qui explique le regain d’attention et d’intérêt et d’attention pour la présence chinoise sur les ports en Afrique.
La crainte est renforcée par une multiplication des exercices miltiaires navales chinoises en Afrique avec des pays africains et la multiplication des visites des forces navales chinoises sur les ports africains. Certains de ces ports ayant la capacité d’avoir un double usage, commercial et militaire, font l’objet d’une attention particulière.
Ce rapport du Africa Center for Strategic Studies, répond en partie à ces questions et apporte des éléments qui permettent d’éclaircir le débat.
Vous pouvez lire le rapport ici. (en Anglais)






