La cession de la société canadienne Allied Gold Corp au groupe chinois Zijin Gold International, annoncée fin janvier pour un montant d’environ 4 milliards USD suscite des inquiétudes à Ottawa et des questions à Addis, où le groupe canadien y exploite une mine d’or.
Si l’opération de Zijin avec Allied Gold n’a pas surpris les observateurs du secteur, elle marque néanmoins une recomposition significative des positions des acteurs étrangers dans le secteur minier éthiopien.
Au cœur de cette transaction se trouve la mine d’or de Kurmuk, située dans l’ouest de l’Éthiopie, à proximité de la frontière soudanaise. Cette localisation expose le projet à un environnement sécuritaire instable, lié notamment au conflit en cours au Soudan, et renforce sa dimension stratégique.
Côté canadien, la réaction officielle est restée mesurée, dès lors qu’il s’agit d’une transaction d’une entreprise privée, contre laquelle le gouvernement n’a que très peu de marge de manœuvre.
Pour l’Éthiopie, les enjeux sont plus immédiats. La mine de Kurmuk, dont la mise en production est imminente, devrait atteindre une capacité d’environ 290 000 onces par an, en faisant l’un des projets aurifères les plus importants du pays. N’étant pas encore en exploitation, elle ne génère à ce stade aucune redevance pour l’État, ce qui renforce l’attention portée à son transfert.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: Cette acquisition s’inscrit dans une tendance générale d’acquisitions massives de projets aurifères par les entreprises chinoises. Depuis 2024, Zijin Mining a acquis trois projets aurifères, au Ghana et en Côte d’Ivoire, auprès d’entreprises américaines dont le géant Barrick Gold en Côte d’Ivoire et l’américain Newmont au Ghana. Entre 2025 et 2026, le géant chinois du cobalt, CMOC, a acquis deux projets majeurs d’or au Brésil et en Équateur. Des acquisitions qui mettent en lumière le nouvel appétit de Pékin pour le métal jaune.
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