À Accra, un forum organisé par la Ghana–China Friendship Association a récemment mis en lumière les opportunités offertes par la politique chinoise de zéro tarif appliquée à certains produits africains. Pour le Ghana, l’enjeu est clair : transformer cet accès préférentiel au marché chinois en levier d’industrialisation et de diversification économique.
Mais le message central des discussions est sans ambiguïté, l’accès au marché ne suffit pas. Sans une base industrielle solide, le Ghana risque de ne capter qu’une part marginale des bénéfices. Plusieurs pistes ont été avancées, notamment la création de zones agro-industrielles dédiées afin de réduire les coûts de production et d’améliorer la compétitivité des exportations. Dans le même temps, l’attraction des investissements chinois dans le secteur manufacturier, accompagnée de transferts de technologies, constitue un levier clé pour monter en gamme.
L’autre priorité est la diversification. Sortir de la dépendance au cacao et à l’or est indispensable pour tirer pleinement parti de l’accord, en développant des produits à plus forte valeur ajoutée.
Toutefois, ces opportunités s’accompagnent de risques bien identifiés. Le principal concerne l’afflux potentiel de produits chinois à bas coût, susceptible de fragiliser les PME locales, notamment dans le textile. D’où l’importance de politiques commerciales robustes pour encadrer ces dynamiques.
Enfin, les facteurs macroéconomiques restent déterminants. Une gestion maîtrisée du taux de change et la mise en œuvre du projet d’économie en continu (« 24-hour economy ») pourraient renforcer la capacité exportatrice du pays.
Au-delà des annonces, le défi pour le Ghana est désormais d’opérationnaliser cette ouverture commerciale afin de se positionner, à terme, comme un hub manufacturier régional tourné vers le marché chinois.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: À la veille de l’entrée en vigueur de cette mesure chinoise, les pays africains se doivent de réfléchir aux moyens concrets d’en tirer parti. Comme le Ghana, plusieurs pays africains ont des tissus industriels faibles qui ne leur permettent pas de fabriquer des produits compétitifs qui peuvent profiter du marché chinois. Sans approche stratégique, il n’est pas certain que cette décision de Pékin change la dynamique des relations commerciales déséquilibrées entre la Chine et l’Afrique.






